L’histoire de Jacques le Fataliste
se déroule à travers le voyage de Jacques et son maître, ainsi qu’a travers les
histoires d’amour que Jacques raconte à son maître. Le narrateur en est
conscient et même nous donne la raison pourquoi il y a tant d’histoires
d’amour, « Il est vrai d’un autre côté que puisqu’on écrit pour vous, il
faut ou se passer de votre applaudissement, ou vous servir à vôtre goût, et que
vous l’avez bien décidé pour les contes d’amour. » Pour moi, voilà la
critique centrale que Diderot fait avec ce roman satirique. Nous avons ici un
roman qui se moque non-seulement de la qualité et du caractère ennuyeux des
romans à l’époque, mais qui se moque constamment du lecteur et des attentes du
lecteur. Le narrateur continue après en
réduisant tout à un conte d’amour, « Toutes vos nouvelles en vers ou en
prose sont des contes d’amour ; presque tous vos poèmes, élégies,
églogues, idylles, chansons, épîtres, comédies, tragédies, opéras, sont des
contes d’amour. » En vérité tout est devenu banale, puisque tout est juste
un autre conte d’amour. La critique des contes d’amour ici est bien plus cachée
que d’autres choses dont l’auteur/narrateur se moque. Cette critique des contes
d’amour explique l’aspect ridicule et farfelu des contes d’amour de Jacques,
mais au même temps, explique aussi pourquoi elles sont divertissantes et
pourquoi, nous en tant que lecteur, continuerons à lire des contes d’amour et
mêmes des romans qui se moque des contes d’amour pour satisfaire nôtre besoin
pour ces livres. Le narrateur continue à expliquer ceci dans la phrase suivant
avec, « Vous êtes aux contes d’amour pour toute nourriture depuis que vous
existez, et vous ne vous en laissez point. L’on vous tien à ce régime et l’on
vous y tiendra longtemps encore, […] sans que vous vous en lassiez. » Les
contes d’amour sont un genre de littérature tellement utilisé, que c’est un
genre parfait pour critiquer les attentes du lecteur à travers l’un de ses
genres préférés.
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